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Zozo( Annick SB)

Publié le par Aimela

Vous avez déjà lu un texte d'Annick, elle fait partie  de mon club  d'auteurs amis,  là elle récidive avec une histoire  de ... Lisez, vous verrez.


Vous pouvez  trouver  un autre texte d'Annick sur  un blog  d'écriture  qui s'appelle  "mille et une http://miletune.over-blog.com/

 

accueil-clown

 

                                                   Zozo
Chaque soir il arrivait sur la piste, avec ses grandes chaussures et son nez rouge.
Chaque soir il souhaitait de tout coeur faire rire les enfants et leur parents et voilà ce qu'il leur chantait avant de lancer des seaux de confettis multicolores sur le premier rang:

" J'ai vu les crocs de la terre
  C'est la faute à Voltaire
  Le nez dans le chapeau
  C'est la faute à Zozo !
"


Et il sautait dans un immense chapeau de carton ou de feutre, posé sur le sol et qui semblait s'enflammer autour de lui en pétaradant quelques instants. C'était très drôle.
Il en ressortait en hurlant :

 " Ah ah ah que c'est rigolo
  De jongler avec les mots
  Ah ah ah que c'est rigolo
  D'être sous un chapiteau !
"


Un soir, il est arrivé quelque chose d'extraordinaire, vous n'allez pas le croire, il a eu un trou de mémoire !

Il était entré en piste avec son petit accordéon et juste après avoir dit :

" J'ai vu les crocs de la Terre ", plus rien n'est sorti de sa bouche, pas la moindre parole, pas le moindre petit air, pas le moindre petit souffle ...

Il est tombé à Terre.
Le public riait .
Et lui, étendu à côté du chapeau, restait immobile et silencieux.

Les musiciens essayaient de lui raviver la mémoire à coups de trompette et de cymbales, mais rien n' y faisait , rien ne sortait...
Il gisait sur le sable chaud.
C'est alors que très lentement, sous les roulements graves des tambours, le présentateur s'est approché, singeant un large sourire et en attrapant le clown sous les bras pour le tirer lentement, a chanté :

" Zozo est tombé par terre,
  C'est la faute à Voltaire
  Le nez sous le chapiteau
  C'est la faute à Rousseau .
"


Et il l'a traîné dans les coulisses sous des tonnerres d'applaudissements ...

Annick SB

Publié dans Auteurs-amis

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Histoire insolite sur Honfleur

Publié le par Aimela

  Tableau d'Eugène Boudin



J'ai reçu en cadeau un petit livre ( Arcadia Editions). Dans ce livre plein de petites histoires insolites sur nos régions. J'ai copié celle qui concerne la mienne , la Basse Normandie et une petite ville qui est Honfleur et que j'adore. Voilà l'histoire:

 

Combien sont-ils les peintres impressionnistes entre 1850 et 1870 à s'installer chez la mère Toutain à la ferme Saint-Siméon?

 

Pendant plus de vingt ans vonts'y succéder les meilleurs artistes paysagistes et marinistes du temps, s 'échangeant verres de cidre et pinceaux.

 

La ferme Toutain est idéalement placée sur les hauteurs de l'estuaire de la Seine à coté de Honfleur et domine l'immensité de la mer. On imagine un jardin fleuri descendant en pente doucel'estuaire, le bleu tenu du ciel, l'eau grise de la Manche en contrebas. C'est Eugène Boudin qui découvre le lieu et y entraine ses amis Jongkind, Millet et quelques autres. Pourtant, aucun document officiel n'atteste l'existence du lieu mais de nombreux tableaux et pastels dépeignent l'endroit et témoignent ainsi de la réalité.

 

C'est l'épouse de Pierre-Louis Toutain, Catherine, qui donne son âme à l'auberge en apportant, outre sa bonne humeur, ses talents de cuisinière: on parle encore de ses maquereaux à l'oseille ! Les chambres des locataires sont décorés à la craie, au charbon ou à la mine de plomb: caricatures, paysages ou poésie, on y lit les humeurs des occupants successifs.

 

Monet, âgé de vingt-deux ans, se laisse entraîner par Jongkind et Boudin avant d'inviter à son tour Bazille et Guillemet. On y croise les frères Goncourt, Courbet, Corot mais aussi Adolphe Marais, Daubigny et Cals.

Tout ce petit monde se retrouve dans une effervescence intellectuelle et artistique exceptionnelle.

 

Mais en 1865, le propriétaire met en vente la ferme et la vend à un riche hôtelier de la région. Celui-ci donne congé à la mère Toutain et l'autorise à emporter les tableaux laissés en gage par certains pensionnaires sans le sou... La pension à quarante francs << nourri, logé>> n'existe plus et le nouveau propriétaire entreprend des travaux considérables: le toit de chaume disparaît, allées et jardins sont réaménagés . Quelques années plus tard, Sisley déplorera la transformation de la ferme en auberge confortable.

 

La fermeture de l'auberge et l'absence de la mère Toutain dispersent la colonie d'artistes. Si la parenthèse de la ferme Saint-Siméon se referme, les peintres, attachés à la région, ne cesseront pas pour autant de fréquenter Honfleur et d'y faire école !

 

Publié dans Normandie

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Bagdad, le tigre

Publié le par Aimela

 tigre blanc 61

Proposition  de la  petite  fabrique d'écriture  : Un tigre envahissant

 

Pour ce nouveau jeu , nous allons nous inspirer d'une photographie "bidouillée" par Joëlle Chen.

 

Photo de Joëlle , le tigre blanc : http://jchen.over-blog.com/article-rhooooo-58366355.html



Tous nos textes devront commencer par "La photo était là, sur la table..."

La suite devra être conforme à ce que nous montre Joëlle, le fauve devant quitter l'image pour un moment plus ou moins long que nous devrons décrire ou mettre en scène.

 


Bagdad, le tigre

 


La photo était là, sur la table, Une belle photo de tigre blanc dont la tête sortait du cadre,prête à se poser sur mes genoux afin de recevoir sa caresse, la dernière. Je devais le laisser partir afin qu'il retrouve ses congénères dans un des nombreux parcs naturels du Bengale dont j'étais une des soigneuses.



Un jour que je faisais mon tour dans le camion afin de compter, soigner, les animaux dont j'avais la charge, je trouvais un bébé tigre, seul dans un coin , ses parents gisaient, tués par des braconniers pour leur magnifique fourrure blanche qu'ils vendaient massacrant ainsi une espèce en disparition . Je pris l'enfant dans mes bras et l'ai ramené au centre pour le soigner.

 

J'ai passé des jours et des nuits à le nourrir, le tigre que j'ai appelé Bagdad s'en est sorti , aujourd'hui, devenu adulte il est temps pour lui de partir faire sa vie , trouver une des rares femelles encore vivantes et avoir des enfants, c'est le lot de tous les animaux. Bagdad était triste, moi aussi mais il le fallait et puis on se croiserait peut-être lors d'un de mes parcours .Je lui donnais sa dernière caresse, il s'est relevé et sans me regarder, il a franchi la petite barrière qui le protégeait du danger. Il est parti... Dans la photo, le tigre blanc a disparu.

 

Tigre Blanc fabuleux







Publié dans Mes-textes-proses

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