Dans le grand salon

Publié le par Aimela

 


toulouse-lautrec in the salon rue des moulins

"femmes " Toulouse -Lautrec

 

Dans le grand salon

 


Dans le grand salon de Madame Lucie, les filles de joie se reposent  assises sur des sofas bordeaux  en attendant le client. Si quelques unes sont décontractées la jeune Agathe  est triste  son regard est absent.


  - Hé la nouvelle  si tu ne changes pas ta triste  mine, les clients ne viendront pas vers toi dit Marcelle  la plus vieille locataire des lieux,  assise près d'Agathe.


  - Je n'ai pas demandé à être ici répond Agathe.


  - Personne ne l'a demandé , figure toi, moi, pour payer ses dettes de beuverie,  c'est mon « amoureux «  qui m'a fait entrer quand autres je ne sais pas pourquoi  elles  sont là , c'est ainsi. On ne regarde pas et puis il y a des hommes comme Monsieur Henri qui nous traitent bien.


  - Monsieur Henri ? C'est qui?


  - Le peintre que tu as devant toi. Il aime nous croquer dans tous les sens du terme. Il est gentil  Monsieur Henri.


  - Monsieur Henri est comme les autres, il vient pour son plaisir  mais nous , nous n' en avons aucun. La honte me ronge  de plus en plus chaque jour. Je veux partir.


  - Partir mais pour où ? La rue est plus sordide qu'ici, les hommes qui nous accostent  sont de véritables brutes alcoolisés pour la plupart.


  - Je ne veux pas aller dans la rue mais partir loin, très loin seulement...
Seulement tu es comme nous sans oseille, sans « prince » pour te protéger, sans famille peut-être.


  - Non rien, il ne me reste rien, ma famille m'a jetée car je voulais être chanteuse. Je suis montée à Paris, j'ai écumé tous les cabarets mais rien. Jetée à la rue  parce que je ne pouvais payer mon loyer, un monsieur m'a amené  ici... pour me réchauffer m'a t-il dit.


  - Ben tu te réchauffes  avec nous d'ailleurs, il y a des filles qui ont si chaud qu'elles montrent leur cul à tout va. Tu devrais en faire de même.


  - Jamais , au grand jamais, je reste avec ma robe longue boutonnée jusqu'au cou.


  - Ma pauvre, ce n'est pas comme ça  que tu pourras partir d'ici, les filles tristes et collé-monté , les hommes n'en veulent pas et si tu ne fais pas de chiffre, Madame Lucie te jettera comme tes parents.


  - Cela ne sera peut-être pas plus mal que vendre mes charmes, je pourrais ainsi  me jeter dans la seine, je ne vaux plus que ça...



Publié dans Mes-textes-proses

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Viviane 03/02/2012 20:01


Sais tu que j'habite à quelques encablures du chateau de Malromé, maison familiale de Toulouse Lautrec? J'adore ce peintre ... Merci de ce texte qui donne vie à une de ses toiles. Quelle
modernité!

Aimela 04/02/2012 09:31



s'il avait écrit au lieu de peidre , il aurait sûrement dénoncé ces misérables vies Toulouse  Lautrec était très très sensible à la douleur de ces filles il  les respectait d'ailleurs
ce tableau est criant de vérité . Merci Viviane  et bises  



Solange 03/02/2012 00:05


Un avenir pas très réjouissant pour Agathe. C'est une belle interprétation du tableau.

Aimela 04/02/2012 09:36



Malheureusement c'est le cas  pouur toutes ces filles d'hier  et d'aujourd'hui qui font  ce métier car elles n'ont rien d'autre et qu'il faut manger  Tout comme Toulouse-Lautrec, je respecte ces filles c'est pourquoi ce tableau m'a parlé, je l'ai écouté et écrit  mon ressenti
 . Merci Solange



emma 02/02/2012 13:46


une interprétation très sensible de ce tableau, bonne journée, Martine

Aimela 04/02/2012 09:41



Je n'ai fait qu'écouter le tableau , il m'a tout dit , j'ai noté et voilà  Je ne sais pas si cela qu'a peint
 Toulouse-Lautrec  mais je n'en suis pas bien loin ,il était  respectueux de ces filles . Merci Emma et bises 



Nina Padilha 02/02/2012 11:17


Quand les femmes ne sont qu'une martchandise...
C'est tellement triste !

Aimela 04/02/2012 09:42



Oui , ce fut, c'est et sera toujours le cas i malheureusemen   Merci Nina et bises



jacques 26 02/02/2012 11:01


très beau texte martine


amitiés

Aimela 04/02/2012 09:43



Merci Jaques , c'est gentil Amitié