La sirène bleue

Publié le par Aimela

sirène


Aujourd’hui le temps est bleu de froid, ne sachant que faire, Je me mets à ranger le vieux coffre du grenier. Il est rempli de secrets, de trésors et même d’une sirène. Eh oui ! J’ai bien écrit « une sirène ». Je vois à vos mines déconfites, que vous ne me croyez pas. Une sirène dans un coffre me direz vous, cela ne se peut pas et pourtant...

C’était un jour de printemps, j’avais décidé de suivre mon mari à la pèche. Il m’avait préparé mes cannes, mes hameçons et tout ce qu’il faut pour attraper du poisson. Seulement ce jour là, ce n’est pas des truites que j’ai pris mais une sirène bleue. Elle aurait pu être d’une autre couleur ... je sais. Celle là était couleur du ciel. Mon mari surpris m’a demandé de la rejeter dans l’eau sinon, elle ne vivrait pas. Il n’était pas question de la manger, il n’aime pas son goût filandreux de plus je ne sais pas cuisiner cette espèce. Je l’ai laissée partir mais aussitôt que mon mari s’est endormi pour une petite sieste, elle est ressortie et m’a parlé.

La sirène - Bonjour Madame.

Moi - Bonjour sirène, pourquoi es tu ressortie de l’eau ?

Sirène - J’en ai marre de voir cet étang, je veux connaître l’amour.

Moi - Ne me dis pas que tu as passé ton temps ici ? Je ne t’ai jamais vue.

Sirène - Je me cachais à l’œil humain, seulement, je viens de voir que tu n’étais pas douée avec tes cannes et tout ce qui va avec, alors ... me voilà.

Moi - Pas douée moi ? Tu rigoles, j’en attrape tous les jours des poissons. Aujourd’hui, je suis un peu fatiguée ; en plus le vent souffle et m’a envoyé l’hameçon sur le toit du hangar. Je n’y peux rien.

Sirène - C’est cela oui, je ne te crois pas surtout que ton mari était toujours à te surveiller. Au fait ... pas mal le mec.

Moi - C’est pas un mec c’est à moi et pas touche pour l’instant.

Sirène - Cela dure combien de temps, un instant ? Je ne sais plus. J’ai vu Zola, Chopin avec sa copine George Sand et bien d’autres.

Moi - Ne me dis pas que tu viens du dix-neuvième siècle ?

Sirène - On est à quelle époque ?

Moi - En mille neuf cent quatre-vingt.

Sirène - Ah oui ! Je pense qu’il est grand temps que je sorte et que je me prenne un mari. Le tien fera l’affaire.

Moi - Pour le moment, je le garde mais on ne sait jamais... Un jour que j’en aurai marre, je penserai à toi.

Sirène - Emmène moi car je n’ai pas confiance. George m’a dit la même chose mais elle m’a oublié et je ne l’ai plus jamais revue. Je ne suis pas née de la dernière pluie.

Moi - Elle ne pouvait pas te passer Chopin, il était malade. Il est mort bien vite malheureusement. Tu me dis de t’emmener mais comment ? Une queue de poisson ne passe pas inaperçue.

Sirène - Pour cela je me débrouillerai, je te demande seulement de me couper les cheveux.

Moi - J’ai des ciseaux dans mon matériel, je vais te faire cela mais tes cheveux aussi, sont repérables. Personne n’a jamais vu de cheveux bleus.

Sirène - Tu les coupes c’est tout ... après c’est mon affaire.

Moi - Okay ! j’ai rien dit.

Je pris ma paire de ciseaux et d’un coup, coupa les cheveux de la demoiselle puis me suis retournée pour ne pas voir ce qu’elle trafiquait. Aussitôt prête, elle m’avertit et je pus constater que sa queue avait disparu, ses cheveux avaient pris la couleur du miel. Dieu qu’elle était belle. A mon mari qui venait de se réveiller, Je l’ai présentée comme une vieille amie qui cherchait un logement.

Je sais, je n’aurais pas dû mais, j’aime rendre service ... que voulez vous. Elle a habité chez nous le temps de lui trouver une maison avec piscine. Cela n’a pas arrangé mon mariage, au contraire. Mon mari était odieux de la voir toujours dans son sillage. Il était drôlement amoureux de moi ce cher et tendre, enfin, je le croyais. Au bout de quelques temps, la sirène dépérissait, les écailles commençaient à repousser, ses cheveux bleuissaient ainsi que sa peau. Au début, je la mettais dans la baignoire mais je ne pouvais pas l’y laisser tout le temps. Un jour, fatiguée de souffrir, elle vint me voir et me fit ce marché << Tu me déposes dans le vieux coffre du grenier, je peux rester de marbre, personne ne verra rien, ne t’inquiète pas. Lorsque ce sera fini entre toi et ton mari tu viendras me chercher et ... >> Je n’en revenais pas, elle était capable de rester immobile pendant des siècles. Je ne pourrai jamais ... moi.

Aujourd’hui, j’ai rouvert le coffre et je libère la sirène. Je viens de divorcer et ne veux plus entendre parler de cet abruti mais ai-je le droit de lui laisser un homme pourri jusqu’à l’os ? Au fait, si cela se passe mal entre eux, je n’y suis pour rien. C’est elle qui le veut, je ne fais que tenir ma promesse.



Publié dans Mes-textes-proses

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eva 27/12/2011 15:53


donne -lui ce qu' elle veut


après tout!! si elle y tient!!!


bonnes fêtes!!



Aimela 28/12/2011 10:10



  Tu as raison . Merci  Eva, tous mes
voeux pour la nouvelle année



Russalka 13/12/2011 09:36


En voilà une histoire étonnante! et une solution aux divorces ;o)) enfin, moi je 'naimerais pas voir trainer une sirène, même bleue, du côté de chez moi ;o))

Aimela 13/12/2011 09:43



pourtant c'est beau le bleu mais je te comprends  Merci Viviane et bises



Violette Dame Mauve 13/12/2011 08:53


Une déception est démoralisante mais le temps passe... la vie continue... Même difficile au début, elle continue....


Amicalement


Violette

Aimela 13/12/2011 09:45



Oui la vie continue  malgré tout, il faut faire avec , ce n'est pas toujours facile  voir même ardu mais il faut continuer à tracer sa route. Merci  Violette amicalement



michel 10/12/2011 15:03


ma doué !! quelle histoire


MAIS, OU VAS-TU CHERCHER CELA


BRAVO et CHAPEAU


bisous...michel

Aimela 10/12/2011 16:29



Parfois je me demande aussi où je vais chercher ça  Je prends ce qu'il me vient lorsque  cela vient c'est
mieux que de me poser des questions Merci Michel et bises



Solange 10/12/2011 02:51


Bien raconté ton histoire. En as-tu eu des nouvelles depuis?Qui sait elle va peut-être te revenir. Bonne fin de semaine.

Aimela 10/12/2011 16:31



Non pas de nouvelles de ma sirène, peut-être qu'elle file le parfait amour, va savoir Merci Solange , je te souhaite un
bon dimanche



Mony 09/12/2011 18:11


Et une promesse de sorcière s'est sacré. Décidément tu as un imaginaire très vivant.

Aimela 10/12/2011 16:46



Je ne sais pas si les promesses de sorcières sont sacrées, en tout cas pour la mienne oui Merci Monique et
bises


 



emma 09/12/2011 14:41


ah ah, c'est vif et drôle, et ça donne à penser aussi, au début ça ressemble bien au remake de la petite sirene, mais ensuite ça se corse, c'est super, Martine

Aimela 10/12/2011 16:51



Je n'ai jamais lu ni même entendu l'histoire de la sirène, je devrais m'y plonger  un peu pour voir ce qu'est devenu l'autre Merci Emma et bises



jacques 26 09/12/2011 14:14


très bien ecrit martine ça se lit d'un coup sans respirer


amitiés

Aimela 10/12/2011 16:54



Respires, respires  sinon tu vas étouffer. Heureusement que l'histoire n'est pas trop longue je n'aimerai pas  être responsable de ta mort Merci Jacques et amitié



Nina Padilha 09/12/2011 14:14


Une histoire insolite...
Tu écris joliment.
Lecture agréable même si la chute est... en queue de poisson !
Lol ! Bon week-end !

Aimela 10/12/2011 16:55



Quoi de plus normal qu'une chute en queue de poisson, c'est une sirène   Merci infiniment Nina pour ton compliment.
Bon dimanche et bises