Un navet pout manger

Publié le par Aimela

Tristesse



Un scénario à la con, comme tous ceux que l'on lui a présenté, elle n'a jamais aimé le cinéma. Gisèle n'a de passion que pour le théâtre mais il faut bien manger entre deux pièces. Elle se fait vieille, les contrats se font de plus en plus rares alors s'il ne lui reste que le cinéma pour exister encore, il faut tourner, tourner encore et qu'importe le film. Celui ci lui donnera un peu de souffle pour continuer à vivoter dans ce monde insensible et froid. Elle pourrait partir mais où ? Et quand à se jeter dans la Seine trop peu pour elle, elle est trop froussarde pour ça et pourtant dans ce film,c'est sa dernière scène.

 

Pourquoi faire un flash-back sur son passé ? Gisèle n'en a pas ou elle l'a oublié.Quelques bouts de vies lui arrivent bien dans la tête mais est-ce bien la sienne? Pourquoi tourner encore et encore en scènes courtes ses drames ? Gisèle n'a pas envie de pleurer sur un monde imaginé que par elle et pour elle. Seule, elle l'a toujours été. Elle n'a absolument pas envie de faire chialer une salle remplie de mères de famille à la larme facile. Elle veut, tel un clown faire rire aux éclats les enfants, seulement, il n'y a plus d'enfants, ils ont disparu sans savoir pourquoi. Il ne reste que des adultes avides de sensations et eux ne rient pas... Elle non plus.

 

Les rushs ont plu au metteur en scène, tant mieux Gisèle les a tous détestés, tout comme son image d'une grande déglinguée,paumée, lugubre et noire dans un univers de rouges, de jaunes, de marron de l'automne. Elle c'est l'hiver en blanc et noir comme le voile qui tombe sur des morceaux d'existence triste et vide. Il voulait un film sobre, il l'a eu mais elle, qu'a t-elle gagné dans tout ça ? Rien,Gisèle se voit avançant, un pied devant l'autre devant la caméra, la tête droite mais ne la regardant pas. Elle n'a aucun moment joué avec l'objectif, si l'autre l'a fait c'est sans son autorisation et parce-qu' il le désirait. Gisèle n'a demandé qu'à manger même au bord de la Seine où elle s'est jetée la tête la première pour ne plus rien regarder.Tu verras a dit le metteur en scène à Gisèle, tu seras reconnue grâce à mon film. Gisèle s'en moque, elle fuit loin, très loin de ce qui n'est que pourriture.

 

Publié dans Mes-textes-proses

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un dimanche sinon rien 15/03/2010 03:04


Un navet à manger?
Bon mais elle est où Gisele maintenant? Et surtout elle fait quoi?


Aimela 15/03/2010 12:36


Gisèle est sortie de mon imagination  et à mon avis y est retourné alors sa "vie" ... est inexixtante. Merci de ton passage


Russalka 14/03/2010 09:51


Combien d'acteurs sur la fin qui ainsi sont la proie facile de ceux qui veulent se faire un nom avec leur notoriété ternie ou simplement ... la necessité de survivre?


Aimela 14/03/2010 11:19


Les deux propositions sont bonnes hélas  mais bon là, ce n'est qu'une histoire inventée  même si c'est de plus en plus très proche de la réalité. Merci Viviane et bises


Merlin 13/03/2010 22:32


Giselle dans mon esprit, c'est un très beau ballet d'Adolphe ADAM.




Je suis fan depuis toujours et ma petite fille s'appelle Giselle. Je souhaite que ta Gisèle rencontre quelqu'un ou vive un autre événement qui va la faire redevenir optimiste pour mordre dans la
vie à pleine dents. Non, pas danser avec les Willis !

[J'espère que ça va marcher...)



Aimela 14/03/2010 11:26


J'ai entendu parler  de ce ballet "Gisèle" mais je ne l'ai jamais vu. Ton lien ne fonctionne pas mais ce n'est pas grâve car je sais où jepourrai m'informer Tu sais ma Gisèle est sortie de mon imagination  alors tout peut arriver ...
Merci Merlin et bon dimanche à toi, amitiés


michel 12/03/2010 08:35


je pense qu'il en faut du courage pour se suicides de quelle maniàre que ce soit

Pauvre Gisèle, elle vit "ses amertumes" comme beaucoup de gens

elle a le courage d'y mettre un terme

encore un beau texte

bisous Martine.....@+ michel à Caen


Aimela 12/03/2010 17:09


Personnellement, je ne pense pas  qu'il faut du courage pour se suicider mais je ne pense pas non plus que c'est de la lâcheté. Ce sont des personnes qui sont au bout du rouleau  et
pensent que c'est leur seul échapatoire . c'est triste  tout comme la vie . Merci Michel et bises


Corinne 11/03/2010 18:32


Pauvre Gisèle, elle est seule, elle est triste mais tu sais on peut ne pas être "seule" mais être triste aussi
On aimerait tous être un peu clown mais parfois la vie décide autrement
Il est triste ton texte, y a beaucoup de sensibilité et d'émotion

Bisous


Aimela 12/03/2010 17:12


 La vie décide,  je crois que je vais mettre mon nez de clown  pour oublier que la vie est une injustice pour certains. merci Corinne et bises


jacques 26 11/03/2010 11:25


pauvre gisèle elle est si triste et un monde sans enfants est desolant
amitiés martine


Aimela 12/03/2010 17:18


Certains ont des enfants mais les perdent  en cours de leur vies, c'est aussi tragique . Merci Jacques , amitiés


liedich 11/03/2010 11:07


Tu ne veux pas faire pleurer une salle de femmes à la larme facile mais tu bourlingues un vieux de moi.... quel joli texte, je l'ai relu deux fois et je le
relirai car il déborde d'une si belle émotion.
Toi, espèce de Sorcière, tu ne voles rien à ton surnom sauf ton joli nom.
Tiens, une fois n'est pas coutume : je te bise de sincérité.
Michel


Aimela 12/03/2010 17:20


Je te remercie infiniment liedich de ton gentil commentaire, j'en suis rose  de cofusion et désolée de t'avoir fait couler quelques larmes. Amitiés poète et bon week-end