Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le fils du vent ( Mony)

Publié le par Aimela

 

je redépose délicatement un très beau texte de mon amie Mony Je l'ai "rencontrée" lors d'un atelier d'écriture en ligne   "l'atelier", ce site est fermé. Elle a toujours été là pour m'encourager et me donner des conseils. J'ai écrit une pièce de théâtre un jour, elle m'a corrigé mes fautes de syntaxe , de grammaire et d'orthographe... Elle fait partie de mon petit groupe d'amis que j'aime. Je vous invite à aller sur son petit blog...  ici 

 

Le fils du vent

 

 

Secrètement elle le surnomme « le fils du vent » et elle lui sourit, heureuse, quand il apparaît après plusieurs mois d’absence. Elle aime ce fils, son unique enfant, toujours pressé, toujours partagé entre mille activités. « Je passe en coup de vent, je n’ai pas beaucoup de temps » est sa phrase habituelle, son unique « bonjour » et aussitôt il lui décrit en quelques mots ses récents voyages : Hongkong, l’Afrique équatoriale, Brasilia, la Cordillère des Andes, Tokyo, l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient, la Scandinavie ou depuis peu l’Europe de l’Est.

 

 

Et au fil de son récit succinct, elle s’évade et elle rêve. Sans peine, elle l’imagine sous toutes les latitudes, tour à tour mordu par le nordet, bercé par les alizés, plié sous la force du blizzard ou du simoun, rafraîchit d’une brise de mer. Mais déjà, trop vite, beaucoup trop vite, il prend congé d’elle ; une valise à boucler, un vol à ne pas rater et un « oui, promis Maman, je t’enverrai une carte postale »

 

 

Bien sûr, elle aimerait à son tour lui raconter son quotidien, toutes ses menues choses importantes à ses yeux mais qu’elle pressent si dérisoires pour lui. Les tuiles arrachées du toit de l’appentis par la tempête d’automne, le vide causé par la mort de son vieux chat, ce robinet qui fuit dans la salle de bain et la difficulté de trouver un plombier disponible, ses rituelles parties de cartes avec d’autres veuves, la récolte des pommes de plus en plus ardue vu le poids de l’échelle ou cette douleur intermittente dans la poitrine restent dans l’ombre, son ombre de femme discrète et effacée. La porte se referme, « le fils du vent » est reparti et les semaines monotones s’enchaînent les unes à la suite des autres.

 

 

Une nuit, un vent violent la réveille en sursaut, tout vibre, siffle, se déchaîne en une ronde folle. C’est lui, Éole, le père, qui frappe à sa porte et en un éclair, elle devine son fils en danger. Elle doit agir, vite ! Alors, elle rassemble ses forces et malgré la difficulté elle ouvre la fenêtre et pousse le volet en hurlant : « prends ma vie si tu veux, mais pas la sienne, pas la …» Une souffrance fulgurante dans son flanc gauche retient le dernier mot dans sa gorge et le cœur déchiré elle s’écroule sur le sol.

 

 

Au même instant, à des milliers de kilomètres de là, un avion tel un pantin sort comme par miracle de la folie meurtrière d’un ouragan. A son bord, un homme le cœur empli d’effroi pense à sa vieille maman.

 

Mony

 

Publié dans Auteurs-amis

Partager cet article

Repost 0

Un brave type

Publié le par Aimela

pour miletune

 Georges Simenon

Georges Simenon - Liège>>> click

Un brave type

Est ce bien toi Georges assis sur ce banc ? A première vue oui, tout y est, ton imper, ton chapeau et ta pipe.

 

 

Je me sens tout intimidée d'un coup, c'est que je ne me suis jamais assise auprès d'un homme célébré qu'il soit de France ou de Belgique. Je ne connais pas tes romans, je n'en ai jamais lu, les histoires de meurtres me font peur et voir tout le sang étalé sur un carreau de cuisine me fait fuir au-delà de mon esprit pourtant Dieu sait que j'adore le rouge.

 

 

Tu me parais un brave type assis sur ce banc, une pipe à la bouche comme en possédait mon grand-père lorsqu'il était encore là. J'adorais sentir cette odeur de bon tabac lorsqu'il nous racontait ses petites histoires et lui, il ne partait pas à la recherche des brigands en laissant ma grand-mère seule avec ses mioches et sa soupe. Non lui, sciait, rabotait, clouait les morceaux de bois pour des cercueils dans lesquels enterrer les victimes de bandits que tu attrapais.

 

 

Ah Georges ! Quelque part, tu pourrais être mon grand-père, tu pourrais m'écouter, jouer avec moi… sous tes airs d'homme indifférent, tu as toute la tendresse pour tout le petit monde que tu protèges.

 

 

 

Avant de partir, j'aimerais, si je n'abuse pas trop de ton temps ( quoique le temps tu l'aies passé assis depuis des années sur ce banc ) te demander de protéger une amie chère à mon cœur ainsi que mon neveu qui fait des études dans ta bonne ville. 

Publié dans Mes-textes-proses

Partager cet article

Repost 0

L'homme qui n'a qu'une chaussure...

Publié le par Aimela

Trop occupée en ce moment, je vous réédite ce texte. Pour l'abécédaire, il faudra  attendre fin  novembre  pout le J

Chaussure pedue dans l'eau

 

Il courait essoufflé depuis un petit moment sur la route mouillée. Tout à coup, il perdit sa chaussure qui tomba...dans le lac un peu plus bas. Il resta au beau milieu de la route à se demander quoi faire. Aller la repêcher ou s'en passer ?

Un coup de klaxon retentit, un camionneur à sa vitre l'invective.

 - Eh mec ! Qu'est ce que tu fais au milieu de la route? Tu veux ta mort ?

 - C'est que ma chaussure est tombée dans le lac et je ne sais pas quoi faire.

 - Fais ce que tu veux mais débarrasse le plancher, je travaille , moi, et si je ne livre pas à temps, je me fais éjecter directement au pôle- emploi.

 - Le pôle emploi ? C'est quoi ? Demande l'homme qui n'a qu'une chaussure puisque l'autre est tombée dans le lac.

 - Pas le temps de te répondre mon gars, je file, il appuie sur le champignon et le camion disparaît dans le lointain.

L'homme qui n'a qu'une chaussure puisque l'autre est tombée dans le lac se retrouve bien seul dans le fourré lors-qu 'un lièvre lui demande:

  - Qui es tu et que fais tu sur mon territoire ? Tu n' as pas ta place.

 - Je m'appelle l'homme qui n'a qu'une chaussure puisque l'autre est tombée dans le lac.

 - Tu parles d'un nom ,c'est vraiment nul, tu n'as pas plus court ?

 - C'est que je ne connais que celui là depuis que j'ai perdu une de mes chaussures dans le lac.

 - Ouais ! Bon fait le lièvre dubitatif, cela ne me dit pas ce que tu fais chez moi.

 - J'étais sur la route, un camionneur m'a dit que si je ne dégageais pas, il serait envoyé au pôle-emploi . Tu connais ? et si oui peux-tu m'aider ?

 - J'ai déjà bien assez de soucis avec les chasseurs alors débrouille toi mais ailleurs qu'ici.>>

Me voilà avec trois soucis se dit l'homme qui n'a qu'une chaussure puisque l'autre est tombée dans le lac.Que vais-je bien faire ? Il sort de fourré pour se réfugier sur la branche d'un arbre. Celui ci réveillé d'un coup lui demande...

 - Que fais tu sur ma branche ? Tu ne vois pas qu'elle est fragile et que ton poids risque de la casser ?

 - Ah ! Monsieur l'arbre, je suis bien ennuyé. Ce matin, j'avais deux chaussures, j'en ai perdu une...

 -  Ce n'est pas mon problème.

 - C'est qu'elle est dans le lac...

 - C'est pourquoi tu es sur une de mes branches ?

 - Non c'est à cause d'un camionneur …

 - Oui et alors ? Il te l'a repêchée ?

 - Non, il m'a dit qu'il serait …

 - Tu vas continuer longtemps à m'agacer avec tes soucis ?

 - Le temps de tout te raconter.

 - J'ai d'autres chats à fouetter que d'écouter, figure toi, alors déguerpis …

 - J'aimerai bien mais je ne peux pas descendre alors, tu es obligé de me garder le temps de …

 - Ah ! Tu crois ? >>

Crrrrrr, un grand coup sec , la branche se casse et l'homme tombe dans le lac où se trouve sa chaussure. Il la récupère et remonte sur la berge.

 - Merci Monsieur l'arbre, grâce à toi, j'ai un problème de moins.


 


 

Publié dans Mes-textes-proses

Partager cet article

Repost 0