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17 articles avec les-siphonnes-de-l-ecriture

Fernand de Catherine

Publié le par Aimela

Il y a des personnes qui apparaissent puis disparaissent,  c'est la vie. Certaines  laissent quelque traces précieuses, c'est le cas de Catherine  qui est malheureusement décédée, il y a quelques temps  mais qui est restée dans mon coeur  . Aujourd'hui, je vous remet un de ces textes  du temps  où elle était  avec nous dans notre petit atelier.

 

texte réédité

 

A mon petit atelier d'écriture de quartier , notre animatrice  nous a demandé d'écrire  sur le vieux Caen( voir image)  et  nous avions un difficulté en plus  avec  un incipit  : "Fernand avait enfilé son vieux pardessus. Il faisait froid: -6Il comptait prendre le tramway pour rejoindre ses vieux copains au Café du Commerce".. Voilà ce que Catherine  a fait  avec ça. Moi aussi j'ai écrit dessus mais je vous mettrai mon texte un autre jour.

 

Rue de Caen au début du 20ème siècle (2)

 

 

Fernand

 

 

 

"Fernand avait enfilé son vieux pardessus. Il faisait froid: -6° . Il comptait prendre le tramway pour rejoindre ses vieux copains au Café du Commerce."

 

Il était un peu inquiet… C’était le matin, il était six heures trente et le café du Commerce ouvrait à sept heures trente.

Le tramway arrivant à sept heures, il décida d’aller à pied rue Porte du Berger.

Les rues étaient désertes, sur les trottoirs des tas de déchets.

Il se sentit un peu plus inquiet car il n’y avait que ses pas qui résonnaient sur les pavés.

Il se retourna plusieurs fois pour voir si on ne le suivait pas.

D’où lui venait cette angoisse ?

Chaque jour, il partait de chez lui en laissant dans son lit sa femme malade et cela le rendait mal.

En retrouvant ses copains, il savait qu’il oublierait avec l’alcool et les retrouvailles de Dédé, Jacquot et Lulu?

 

Il arriva, il poussa la porte, l’odeur des tripes arriva jus-qu’à lui.

La patronne, à la poitrine opulente qui descendait sur le comptoir pour faire loucher les rares clients regarda Fernand. Elle lui décocha un superbe clin d’œil, son sourire se fit immense sur des dents et des lèvres rouges carmin. Elle sentait mauvais, une haleine de rhum et de vieille eau de lavande.

 

- Bonjour, mon coco, dit-elle

 

- Oh, ça va, Ginette, j’ai pas trop le moral !

 

Dédé, Jacquot et Lulu répondirent :

 

- Mais ta femme se plaint toujours, ça fait trente ans qu’elle dit qu’elle est malade pour pas que nous nous retrouvions parce qu’elle sait que tu as une bonne descente question gosier et que tu fais de l’œil à la Ginette qui aimerait, depuis qu’elle est veuve, que tu deviennes la patron du café du Commerce.

 

Alors, quand vas-tu te décider à lui faire la cour ?

 

- Ah, ça va, ça va vous autres !

 

Fernand en avait marre mais savait pertinemment que tout cela était vrai ; il aimait l’alcool et sa femme pour être vulgaire, l’emmerdait. Le temps passait…

Eh bien, puisque c’est comme ça, sers-moi un pastis, Ginette ! demanda soudain Fernand et la conversation partit sur autre chose.

Plus il buvait, plus son inquiétude disparaissait.

Fernand se décida à 9 heures trente à rentrer chez lui.

 

Le jour avait pris une belle couleur (lui aussi d’ailleurs) ; il releva le col de son pardessus, passa la porte en saluant ses trois amis et fit un clin d’œil à Ginette, plus aguichante que jamais ;

Il repartit en tramway car il titubait…

Rien ne pouvait plus l’atteindre. Il se dit qu’il allait se coucher.

 

 

Catherine

 

 

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L'indifférence (Marie Noëlle)

Publié le par Aimela

Mendiant dormant sur un banc
Mendiant dormant sur un banc

Aujourd'hui, je vous offre un petit poème de Marie-Noëlle , une des siphonnés de l'écriture qui sévit dans mon quartier, elle s'est inspirée des paroles de " les mômes " d'Edith Piaf. Elle n'a pas de net ni même d'ordinateur alors c'est moi qui répondrait à vos gentils commentaires.

L'indifférence

Je suis née dans la rue,

La rue a été mon école.

Toujours mendier et voler,

Je suis toujours seule.

Chaque jour se ressemble.

Je suis invisible,

Comme les autres enfants.

C'est nous les mômes,

Les mômes de la cloche.

Clochards qui s'en vont

Sans amis, sans proches.

C'est nous les paumés.

Les putains d'paumés

Qui s'en vont dormir dans l'horrible trou !

Derrière mon convoi,

Jamais on ne verra

Ni fleurs , ni couronnes.

Même pas une personne.

On s'en fout,

Ce sera mon plus beau jour.

Quand la mort me fauchera.

Cloches sonnez

Pour les mômes de la cloche.

Je serai chez moi enfin

Là où sera ma place

Parmi les gens comme moi,

Les mômes inconnues

Poussières, elles redeviendront poussières.

Marie-Noelle

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Le bonheur n'est qu'un mot

Publié le par Aimela

 je dépose un texte de Marie-Noëlle , une amie de mon atelier d'écriture de quartier , la photo est "une oeuvre" de moi, elle correspond très bien  à ce qu'a écrit  mon amie. Comme d'habitude , j'espère que vous serez gentils et que  vous déposerez un petit commentaire.




 

Le bonheur n'est qu'un mot

 

 

 

Le bonheur pour moi ce n'est qu'un mot.

Le grand bonheur, c'est une vie pleine de rires et de joie comme la naissance d'un bébé.

 

Mais pour moi, c'est plutôt :

« Madame, me dit le médecin, vous ne pouvez pas avoir de bébé. »

 Je lui ai dit : « pourquoi ? »

Je suis sortie du cabinet médical, un peu  l'air hagard.

Je me suis dit que je n'étais qu'une moitié de femme. Mon ventre est froid. Il ne donnera jamais la vie. Ce n'est qu'un cimetière.

 

Je me lève tous les jours et je vois autour de moi toutes ces femmes avec un bébé. Les personnes qui sont avec moi  parlent de leurs enfants. Elles ont des étoiles dans les yeux. Moi, je ne peux le faire. Je ne donnerai jamais la vie. Je vais vieillir et mourir sans avoir eu ce bébé, moi, avec tout ce bonheur. Je n'aurai pas pu le  toucher du bout des doigts.

 

Pour moi le bonheur, cela aura été de ne pas voir le jour. Le bonheur n'est qu'un mot : mais personne ne sait vraiment ce qu'il veut dire. Pour moi ce n'est qu'un mot juste un mot et rien d'autre.

 

Marie Noëlle

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