Les petits hommes en noirs

Publié le par Aimela

pour miletune

René Magritte " Golconde"
Les petits hommes en noirs

 

 

C'était un petit matin d'été, c'était comme si c'était ce matin, tant le souvenir est vivace. Il faisait beau, je venais de me lever et à peine réveillée, j'ouvris la fenêtre lorsque soudain devant moi, descendaient silencieusement du ciel des milliers de petits hommes en noir, un melon sur la tête et un parapluie fermé à la main. Surprise, je me frottais les yeux ( chose que je ne devrais pas faire car j'ai les cornées fragiles que m'a dit l'ophtalmo mais lui n'a pas vu ces petits bonhommes ) . J'étais encore sous le choc lorsque j'ai entendu <<fenêtre ouverte , droit devant>> et les voilà tous chez moi , des milliers et des milliers, en tas dans ma chambre que je ne pouvais plus bouger.

 

 - Oh ! Qui êtes vous et qui vous a permis d'entrer comme cela chez les gens sans leur autorisation ?

 

Ils se mirent à parler tous ensemble, une cacophonie insupportable que mes oreilles en souffrent encore.

 

 - Stop ! Ne parlez pas tous en même temps, Je n'y comprends rien. Qui est le chef ?

 

Silence puis...

 

 - Pas de chef chez nous me répond l'un d'eux mais je veux bien endosser l'habit si vous le permettez.

 

 - Ouf ! Cela fait du bien . Maintenant que c'est plus calme, dites moi qui vous êtes.

 

 - Je suis René Magritte.

 

 - Impossible, il est décédé, de plus, c'est punissable de prendre l'identité d'un autre.

 

 - Mais,  c'est vrai, nous sommes tous René Magritte.

 

 - Elle est bien bonne celle là. Arrêtez de vous moquez de moi. C'est lui qui a peint le tableau mais …

 

 - Justement, c'est notre père.

 

 - Bon, bon mais cela ne dit pas ce que vous faites chez moi.

 

 - On cherche les montres molles de Dali.

 

 - Je n'ai pas ce tableau chez moi.

 

 - On ne veut pas de tableau, juste les montres.

 

 

 - Elles étaient dégoulinantes et avec cette chaleur, elles ont du fondre complètement et puis qu'avez-vous besoin de ces énormes montres que vous ne pourrez pas porter ?

 

 - Ça, c'est notre affaire, dites nous où elles sont.

 

 - Pour commencer, on dit s'il vous plaît, on ne vous a jamais appris la politesse ?

 

 - Excusez moi, s'il vous plaît Madame, dites nous où elles sont.

 

 - Je n'en sais rien, demandez à Dali, on vient de le déterrer, il vous dira sûrement ce qui en est de ses montres.

 

 - Ah ! Il n'était donc pas mort ?

 

 - Si mais un laboratoire recherche son ADN

 

 - C'est quoi ça ? Je ne connais pas .

 

 - Je ne peux pas vous expliquer, Je ne suis pas scientifique

 

 - Cela ne nous dit pas où est Dali et encore moins où sont les montres.

 

 - Désolée, les gars, je ne sais pas , renseignez-vous ailleurs et dégagez le plancher que je fasse le ménage.

 

 - Bien, au revoir Madame, ravis de vous avoir connu.

 

 - Moi, je ne suis pas ravie, les voisins vont encore cancaner sur mon compte. Dites plutôt adieu, cela m'arrangerait.

 

C'est ainsi qu'ils partirent tous ensemble me laissant sur le plancher, des milliers de petits parapluies oubliés. Je ne sais pas pourquoi, à moins qu'ils aient perdu la mémoire et ne sachent pas où les retrouver, je sens qu'ils vont revenir me bassiner à nouveau...

 

Salvador Dali " La persistance de la mémoire"


 

 

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Publié dans Mes-textes-proses

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M
L'univers de la peinture te va bien. Serais-tu une grande farfelue, une impressionniste des mots ? Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!
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A
Une impressionniste des mots, je ne sais pas mais une grande, quoique je suis petite et ronde, farfelue, oui certainement ( rires) Merci Mony et bises
Q
Cette rencontre me plaît infiniment !<br /> Ils peuvent revenir quand ils voudront, tu auras toujours quelque chose à leur dire. :)
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A
Bavarde comme je suis, je trouverai bien à leur raconter des histoires :) Merci Quichottine, bonne semaine et bises
M
Bizarres ces bonshommes , ton imagination est débordante..<br /> Enfin, il peut pleuvoir<br /> Tu as ce qu'il faut<br /> Bisous<br /> Michel
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A
Cela tombe bien, il pleut aujourd'hui , j'ai de quoi me protéger quoique petits ... ( rires) Merci Michel et bises
C
Texte très ludique mais instructif. En lisant ce texte "enlevé", gai, je ne pouvais m"empêcher de penser aux bonshommes volants de Folon.
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A
C'est vrai que ces petits hommes volants peuvent faire penser à Folon très poétique. Merci Chino, bonne fin de semaine et amitié
S
C'est bien réussi bravo.
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A
Merci Solange, bonne fin de semaine et bises
J
Excellent , bravo pour ton imagination , cette rencontre avec les hommes aux parapluies est vraiment bien vue <br /> Bonne fin de journée <br /> Bisous
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A
Merci Jazzy , c'est gentil . Bonne soirée et bises
A
Elle est géniale ton histoire ! Pour ne plus être ennuyée, il ne te reste plus qu'à organiser un vide grenier un jour de pluie ! ;-)
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A
Maintenant que mon petit spectacle est terminé, je vais y penser car là, ils prennent trop de place ( rires) Merci Annick , bonne soirée
E
complétement farfelu et jouissif, bravo d'avoir réussi à caser ton cher Dali en partant d'un tableau de Magritte
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A
Je cas Dali aussi souvent que je le peux dans ce que je fais ( rires) Merci Emma, bonne soirée et bises
M
Bravo. Magritte t'inspire de belle façon qui lui fait honneur. j'ai écrit aussi plusieurs textes inspirés par des tableaux de ce peintre que j'aime tant.
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A
Magritte fait parti des peintres que j'aime bien :) Merci Martine, bonne soirée et bises