Brouillard
En attendant que l'on ne change plus d'heure au printemps

A mon petit atelier de quartier, on avait des phrases au choix à placer dans notre texte, j'ai choisi celles là :
Ce jour là, oui, je planais, et tout allait de travers
Je l'ai vu arriver au coin de la rue, alors, j'ai pris la rue tout de suite à droite...
Au café du coin, il y a de drôles de zouaves.
Brouillard
Ce jour là, je planais, oui, je planais et tout allait de travers... A commencer au lever, une heure de moins à dormir et je me retrouvais dans le brouillard, je me cognais partout et plus tard , en voulant nettoyer mes lunettes, je m'aperçus qu'un verre s'était fait la malle... Panique à bord...
Je pensais que le verre était tombé la veille lorsque je me suis cognée à une table dans la petite salle de spectacle et là pour le récupérer c'était chose pratiquement impossible vu le monde qu'il y avait et puis, il a pu être piétiné.
Les un, deux, voir trois cafés ne m'ont pas réveillée, ce jour là . Lorsque je répondais au téléphone mes phrases étaient sans queue ni tête. Mes mouvements étaient désaccordés et pour finir, en plus du brouillard, je passais la matinée et début de l'après-midi dans des angoisses sans nom, me demandant comment faire pour mes lunettes.
Le soir alors que je commençais enfin à émerger , je retrouvais par hasard le verre de lunettes qui m'attendait tranquillement sur mon lit. Ouf ! Je pouvais dormir tranquille.
Le lendemain, levée à la première heure, j'ai couru à l'arrêt pour prendre le bus et alors que je l'ai vu arriver au coin de la rue, j'ai pris la rue tout de suite à droite car je me suis aperçue que j'avais oublié mes lunettes sur la table . Retour chez moi pour les prendre et de nouveau attendre vingt minutes que le bus passe.
Aucun souci sur le trajet ni au magasin où l'on m'a dépannée très vite, rassurée et ayant un peu de temps, je décidais d'aller prendre un café. Au café du coin, il y avait de drôles de zouaves. Leur conversations allaient dans tous les sens, mélangeant le sport et la politique lorsque ce n'était pas le temps et le prix des cigarettes. J'avais l'impression d'être sur une autre planète car tout s'embrouillait dans ma tête. J'ai bu mon café et j'ai filé chez moi me recoucher.
Encore six mois à supporter ce changement d'heure, je n'en peux plus.



