Les petits hommes en noir
C'était un petit matin d'été, c'était comme si c'était ce matin, tant le souvenir est vivace. Il faisait beau, je venais de me lever et à peine réveillée, j'ouvris la fenêtre lorsque soudain devant moi, descendaient silencieusement du ciel des milliers de petits hommes en noir, un melon sur la tête et un parapluie fermé à la main. Surprise, je me frottais les yeux ( chose que je ne devrais pas faire car j'ai les cornées fragiles que m'a dit l'ophtalmo mais lui n'a pas vu ces petits bonhommes ) . J'étais encore sous le choc lorsque j'ai entendu <<fenêtre ouverte , droit devant>> et les voilà tous chez moi , des milliers et des milliers, en tas dans ma chambre que je ne pouvais plus bouger.
- Oh ! Qui êtes vous et qui vous a permis d'entrer comme cela chez les gens sans leur autorisation ?
Ils se mirent à parler tous ensemble, une cacophonie insupportable que mes oreilles en souffrent encore.
- Stop ! Ne parlez pas tous en même temps, Je n'y comprends rien. Qui est le chef ?
Silence puis...
- Pas de chef chez nous me répond l'un d'eux mais je veux bien endosser l'habit si vous le permettez.
- Ouf ! Cela fait du bien . Maintenant que c'est plus calme, dites moi qui vous êtes.
- Je suis René Magritte.
- Impossible, il est décédé, de plus, c'est punissable de prendre l'identité d'un autre.
- Mais, c'est vrai, nous sommes tous René Magritte.
- Elle est bien bonne celle là. Arrêtez de vous moquez de moi. C'est lui qui a peint le tableau mais …
- Justement, c'est notre père.
- Bon, bon mais cela ne dit pas ce que vous faites chez moi.
- On cherche les montres molles de Dali.
- Je n'ai pas ce tableau chez moi.
- On ne veut pas de tableau, juste les montres.
- Elles étaient dégoulinantes et avec cette chaleur, elles ont du fondre complètement et puis qu'avez-vous besoin de ces énormes montres que vous ne pourrez pas porter ?
- Ça, c'est notre affaire, dites nous où elles sont.
- Pour commencer, on dit s'il vous plaît, on ne vous a jamais appris la politesse ?
- Excusez moi, s'il vous plaît Madame, dites nous où elles sont.
- Je n'en sais rien, demandez à Dali, on vient de le déterrer, il vous dira sûrement ce qui en est de ses montres.
- Ah ! Il n'était donc pas mort ?
- Si mais un laboratoire recherche son ADN
- C'est quoi ça ? Je ne connais pas .
- Je ne peux pas vous expliquer, Je ne suis pas scientifique.
- Cela ne nous dit pas où est Dali et encore moins où sont les montres.
- Désolée, les gars, je ne sais pas , renseignez-vous ailleurs et dégagez le plancher que je fasse le ménage.
- Bien, au revoir Madame, ravis de vous avoir connu.
- Moi, je ne suis pas ravie, les voisins vont encore cancaner sur mon compte. Dites plutôt adieu, cela m'arrangerait.
C'est ainsi qu'ils partir tous ensemble me laissant sur le plancher, des milliers de petits parapluies oubliés. Je ne sais pas pourquoi, à moins qu'ils aient perdu la mémoire et ne sachent pas où les retrouver, je sens qu'ils vont revenir me bassiner à nouveau...

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