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Rentré chez moi

Publié le par Aimela

. Pour mon petit atelier de quartier 

 

Crique

 

Rentré chez moi

Au début de la guerre, j'ai fui avec pour tout bagage , mes papiers et un sac empli de vêtements. Je ne pouvais à pied emporter grand chose, j'étais à pied. Je errais sur les chemins, dormant la plupart du temps dans des fourrés lorsque j'en trouvais sinon sous des ponts. Le jour, je me faisais tout petit afin que l'on ne vienne pas me chercher pour combattre mes frères qui n'ont pas la chance d'être des alliés de ces saloperies de gouvernants qui n'ont de cesse de nous avilir, mépriser pour s'accaparer des richesses de la terre et ils voudraient que je sois leur complice, ils peuvent rêver ces salopards , moi j'aime tout le monde , enfin sauf eux bien sûr alors oui j'ai fui , la peur au ventre et j'ai fini par trouver une petite cabane abandonnée au fond d'une crique au bord de la mer. Certes, il pouvait y avoir des tempêtes ou l'eau montante mais je les craignais moins que les bombes ou les balles . Je m'y suis installé comme j'ai pu , je mangeais que lorsque j'attrapais du poisson ou que me faufilais dans des champs, des jardins pour chaparder quelques quelques fruits ou légumes. Sans radio ni télé pour m'informer, j'ignorais ce qu'il se passait sur le front . j'ai survécu ... jusqu' à un matin...

 

"Je fermai les yeux. Je les rouvris.
J'étais bien.
Le bruit des vagues. La mer, immense.
L'horizon, au loin, vira au rouge. La mer s'embrasa.
Le soleil se levait, déjà. J'avais sans doute dormi, un peu.
Un nouveau jour, une nouvelle vie." *

 

Un grand frisson d'espoir me transperça tout entier comme si une divinité m'était apparue et me disait que tout les malheurs étaient terminés, que je pouvais retourner chez moi, les élites étaient vaincus et que tous les humains dignes de ce nom s'étaient unis pour plus de joies, d'amour et de solidarité

Heureux, Je me suis agenouillé, je l'ai louée puis j'ai pris mon sac, j'ai dit merci à la mer pour ses poissons, merci aux champs , aux jardins pour les fruits et légumes qui m'ont gardé en vie puis je suis parti tranquillement sans me cacher cette fois et enfin rentré chez moi en paix.

 

*Morceau tiré de "sang famille" écrit par Michel Bussi

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